le livre numérique…

Vous le savez les industries du cinéma et de la musique n’ont pas su utiliser internet correctement et ont vu leurs productions se faire voler. Le téléchargement illégal, même si certaines plateformes existent encore, continue. Compréhensible quand on voit qu’un album sur iTunes est toujours à 9,90… alors que le CD est à 15.

 
En passant devant une affiche publicitaire pour le dernier bouquin de J.K. Rowling, je suis allé voir son résumé et les premiers avis dessus. Et j’ai vu le prix amazon…
– le livre classique : 22,80, prix réduit, donc 24 euros en librairie.
– le livre version numérique Kindle : 15,99…
Que ce soit l’un ou l’autre, je trouve ça prohibitif.
A quoi pensent les éditeurs??? N’ont-ils pas l’exemple du film et de la musique? Sont-ils fermés à ce point? Pourquoi mettre des prix aussi élevés? On sait qu’il n’y a aucun distributeur, aucun libraire, aucun frais d’imprimerie… J’aimerais vraiment avoir des réponses, je voudrais savoir pourquoi le téléchargement est aussi cher?

 
En tant qu’auteur, je refuse de signer les contrats d’utilisation numérique de mes livres. Pour l’instant les contrats sont les mêmes que pour le livre-papier. Alors qu’on élimine (sic!) le distributeur (qui se sert comme un frappadingue!) et le libraire. Donc pas de différence pour l’auteur mais un chouette bénéfice pour la maison d’édition.
Comme le dit mon ami Bruno, c’est nous les auteurs qui sommes à la source, sans notre travail, les autres échelons de l’édition n’ont pas de boulot. Nous sommes la matière première. Mais on ne se sent pas vraiment respectés. Sauf quelques rares chanceux.
J’aime mon nouvel éditeur: ma directrice de collection, mon attachée de presse, ma responsable événementiel, mon directeur éditorial, etc sont formidables! Je suis choyé!!!! Je les adore!!! Mais il faut reconnaitre que je vivote. Ah si j’étais un auteur à succès!

 
Bon oubliez tout ça! Allez vite acheter Burlesque Girrrl! Et si vous le voyez en numérique, ne l’achetez pas puisqu’il n’est pas sensé exister!

4 Responses to “le livre numérique…”

  1. Eleonora

    J’en parlais justement avec un ami il y a peu.
    Il parait qu’il y a une loi pour limiter les prix des livres numériques à un montant assez élevé.
    Parce qu’aux États Unis, à l’arrivée du livre numérique, il s’est passé ça: si peu cher, que tout le monde en achète, et imprimeurs, libraires font faillite.
    Donc que les prix des livres numériques ne soient pas si intéressants… incite les gens à acheter la version papier et donc à nourrir les libraires.

  2. Maud Amoretti

    Merci pour cette info Eleonora!
    C’est très intéressant et je ne savais pas. Mais dans ce cas, quel intérêt de faire du numérique? Faire joli? Plaire à quelques hipsters? Il fallait peut être y penser avant…
    Dans tous les cas je trouve qu’on se fiche de nous.

  3. Eleonora

    plutôt la possibilité d’avoir beaucoup de livres sur nous pour une masse qui reste toujours la même? c’est pratique si on a besoin d’avoir une bibliothèque sur soi en permanence. mais depuis que c’est arrivé chez nous, j’ai du voir 3 personnes maximum dans le metro/rer de paris…. et j’y suis cinq jours par semaine.
    oui, que les auteurs n’aient pas plus que ça de revenus sur leur travail numérique, c’est inadmissible.

  4. Mylène

    Je me pose la même question mais je me demande aussi s’il n’y a pas des abus dans la facturation côté fabrication de l’ebook? Je m’explique : beaucoup d’éditeurs sous-traitent ces services – par manque de connaissances et de formation principalement -, et je me demande si les prestataires n’en profitent pas pour leur faire payer ce service très cher…

    C’est une question que je me pose, je n’ai pas la réponse. En fait, comme pour la musique, j’ai l’impression qu’on assiste à une désorganisation totale. Peu de professionnels se sont réellement préparé à l’arrivée du numérique dans l’édition, d’où les nombreux questionnements (prix, droits d’auteurs, prêts en bibliothèques…) apparemment.

    (Après, je sais qu’il y a des éditeurs-profiteurs, j’ai bossé chez un éditeur juridique qui attribuait des prix incroyablement élevés aux versions PDF de ses livres, et ce sans raison aucune autre que l’appât du gain…)