le livre, cet ennemi

J’ai envie de l’ouvrir en ce moment! Et bien grande!

 

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez pu voir ma virulence à propos du harcèlement de rue. Vous l’avez bien compris, je suis PRO-FEM!
Je préfère laisser ce débat sur les réseaux sociaux mais quand même, pour finir :

 

 

Je voudrais vous parler d’autre chose aujourd’hui.
C’est la crise nous le savons. Pour la BD c’est aussi la grande crise. Les résultats de vente sont catastrophiques pour tout le monde. Certains auteurs abandonnent (pas d’inquiétude, de mon côté je ne peux que continuer, c’est ça ou mourir) et se réorientent sous peu (à moins que ce soit le choc et que leur ton dramatique ne fut utilisé qu’à cette occasion).

 

Messalyn (ma side-kick, vous le savez maintenant) et moi avions cette conversation, à savoir : comment promouvoir une œuvre, un livre notamment. Et nous sommes tombés là dessus, sur cette énormité que nous savions déjà mais sans vraiment s’en être rendu compte : la publicité pour les œuvres littéraires est interdite à la télévision!

 

extrait de wikipédia :

Depuis le 1er janvier 2004, l’édition littéraire peut faire de la publicité sur les chaînes du câble et du satellite, mais pas sur les chaînes hertziennes analogiques et numériques ; de même que la presse. Il s’agissait auparavant de protéger certains secteurs économiques, notamment les recettes publicitaires de la presse écrite régionale.

C’était donc interdit jusqu’en 2004 mais la réforme ne concerne que les chaines du câble. Donc on peut nous faire acheter des soupes transgéniques et des céréales enrichies en sucre mais pour les bouquins c’est tout autre chose.
Nous sommes des moutons, nous avalons des tonnes de cochonneries, elles nous sont en grosse partie imposées par nos médias (on ne me relance pas sur les dictats de nos médias en ce qui concerne les femmes et le calibre qu’elles devraient observer pour être médiamment correctes). Je n’ai pas regardé la télé depuis 13 ans et je vais continuer mais cette loi me révulse.
Imaginez quand même… on apprend à lire et à écrire à l’école mais ce doit être un effort politiquement correct de nos « maîtres » puisque c’est en lisant que l’on apprend à écrire. Et trop éduquer la plèbe pourrait être dangereux… c’est ce qui semble non? Si dans la publicité, on incluait les livres, les gens ne seraient ils pas plus enclin à lire?
Certes, certains livres véhiculent des idées qui pourraient être contraires au bon fonctionnement de la société. Quand bien même, un livre est-il nocif pour un enfant par rapport à un jouet débile en plastique? Ou une bande dessinée
 Le truc aussi c’est qu’il faut montrer aux gens que certaines choses existent, ils ne vont pas d’eux même rechercher la nouveauté ou la différence, ils se contentent de prendre ce qui est le plus près. Si nous ne faisons pas l’effort d’aller au devant de ces gens, ils ne douteront même pas de notre existence.

 

Certains auteurs font des bandes annonces magnifiques pour la sortie de leur livre (je pense notamment aux bandes annonces de la collection Métamorphose qui sont sublimes) et elles mériteraient de remplacer les pubs mac do. Grrrr quoi!

 

(et mettez-là en grand écran, c’est juste wouaaaaa!)
(Eco – tome deux, collection Métamorphose, éditions Soleil, Almenza et Bianco)

 

Donc le livre et la bande dessinée sont en crise malgré des prix tout de même abordables. Et « on » s’en fout. Parce que (pardon, je me prends en exemple) Burlesque Girrrl coute 12,90 euros, c’est un beau livre (techniquement : papier, couverture, …) et ce n’est pas cher. Moins cher qu’une paire de chaussettes et ça tiendra plus longtemps qu’un menu mac do ou qu’un slip H et M qui gratte.

 

Vous savez quoi, à partir de maintenant, quand vous viendrez à mes dédicaces, je vous offrirai cartes postales et autres petites choses. C’est à mes frais, c’est moi qui régale. Achetez Burlesque Girrrl!

 

Mes propos sont un peu décousus mais je suis énervé et j’ai du mal à parler quand je suis énervé. Bon je vais aller faire autre chose, notamment aller boire une bière au Winchester.

 

Go to the Winchester

 

Have a pint

 

And wait for all this to blow over

16 Responses to “le livre, cet ennemi”

  1. AlexTwist

    la publicité pour les livres est interdite à la télé pour la même raison que le prix du livre est unique: laisser une possibilité d’exister aux « plus petits »

    si jamais on libéralisait la pub il se passerait la même chose que pour les autres secteurs: les grosses entreprises seraient encore plus grosses et en situation de monopole, et les plus petites auraient encore plus de mal à avoir accès au marché

    les films aussi n’ont pas le droit de faire l’objet de publicité, on détourne en faisant des choses genre ‘cette émission vous est présentée par le film machin chose’ reste que je crois pas qu’ouvrir les vannes soient saines pour ces deux secteurs, derrière c’est la course à l’armement qui s’ouvrira et du coup ce sont bien les plus petits qui en pâtiront quand ils ne seront pas capables d’aligner les chèques

    bien sûr, la situation est forcément déjà désavantageuse mais a-t-on besoin d’augmenter les possibilités d’inégalités?

    personnellement je pense que le livre ne soit pas dans une même page de pub que macdo ou transformer est plutôt une bonne chose ça rend l’objet plus exceptionnel et ça l’évite de devenir un truc que l’on achète entre des couches culottes et une bouteille de lait
    il faut que le livre garde sa spécificité je pense

  2. Bruno Bellamy

    Idem. Faut pas oublier l’idée de départ : il s’agit d’éviter que le système qui fait qu’on ne fait la promo de ce qui se vend déjà (les best-sellers) ne soit encore plus renforcé. On est déjà assez dans la panade comme ça avec l’habitude qu’ont les éditeurs de n’investir en promo que pour les séries qui vendent à plus de 40000.
    Mais à mon humble avis, le problème est bien plus profond, et tu le suggères, François, dans ton propos : nous sommes dans une civilisation de la quantité, pas de la qualité. Et l’un des vecteurs de cette perversion c’est, justement, la pub. Les gens sont poussés à consommer toujours plus, jamais mieux. Quand un pouvoir politique juge pertinent d’interdire la publicité pour un produit réputé « culturel », il avoue en creux que la publicité est une nuisance de manière générale, et qu’un monde où les gens ne consommeraient que ce qu’ils ont souhaité et chercher serait infiniment plus sain qu’un monde où les gens seraient poussés à la consommation par un processus d’endoctrinement systématique.
    Et dans un tel monde, où les gens consommeraient moins mais mieux, je suis certain qu’ils commenceraient à s’intéresser aux livres qui leur correspondent, et donc les gens qui ont les mêmes rêves que nous liraient nos livres, tout simplement.

  3. Maud Amoretti

    Merci pour vos avis très intéressants et justes! Je l’ai encore ouverte trop vite!
    Dans tous les cas, ça reviendra au même puisque ce sont les best sellers qui se vendent et les nôtres de moins en moins et donc on ne pourra plus faire de bouquins, nous petits, puisque ils ne se vendent pas.
    Donc on se retrouve à Pôle emploi bientôt!

  4. Maud Amoretti

    Je vous rappelle mon sujet aussi : faire lire les gens. Je n’aime pas les best sellers mais la culture de la lecture a disparu.
    Je suis d’accord avec vous mais je ne vous parlais pas de ça… relisez: je ne regarde plus la télévision depuis 13 ans. Je ne suis pas pro-pub! Je suis pro-ouverture-de-l-esprit!

  5. Hanako

    Ce n’est pas grave de l’avoir ouverte trop vite, ça provoque le débat, c’est l’essentiel x3

    Je suis d’accord avec les commentaires ci-dessus, vouloir promouvoir la lecture par la publicité, ce serait soit bouleverser totalement l’idéologie qui se cache derrière un marketing toujours plus creux et envahissant (ce qui ne serait pas un mal, mais je n’y crois pas trop), soit abaisser le livre à un banal produit de vente de plus, ce qui se fait déjà suffisamment à mon goût et qui n’est que trop détestable.

    Je ne sais pas si c’est la culture de la lecture qui a disparu, ou la culture du bon livre : je crois surtout qu’on le voit maintenant comme quelque chose qui fait passer le temps, qui amuse, détend : je ne dis pas qu’un bon livre ne procure pas ces sensations également, mais l’idée d’un livre long, ardu, avec un vocabulaire soutenu a plus tendance a effrayer qu’autre chose. Je constate déjà ça avec la littérature, mais plus encore avec la philosophie, comme je l’ai étudiée pendant quatre ans après le lycée : dire aux gens que je faisais de la philo( quand ils ne confondaient pas purement et simplement avec la psycho), c’était avouer que j’étais vieille avant l’âge, d’un ennui mortel, et généralement il s’en suivait un blanc gigantesque tellement personne ne savait quoi y répondre. Se confronter avec plaisir à quelque chose d’abrupt, un livre par exemple, ça « ne sert à rien » ; voilà ce que que je trouve terrifiant, tout doit servir à quelque chose, tout doit être utile matériellement, être utile à la pensée ne suffit pas.

    Je suis totalement d’accord pour dire que la situation des auteurs est très précaire (même si je ne suis pas sûre qu’elle ait déjà été si avantageuse que ça, sauf rares exceptions, mais bon, n’est pas Goethe qui veut), et j’avoue ne pas avoir du tout de solution à ce problème… mais quoi qu’il en soit, la publicité, non, je ne suis pas convaincue du tout xD

  6. Maud Amoretti

    Hanako, tu touches juste mais mais mais je ne suis toujours pas d’accord… puisque ce n’est pas ce que je dis.
    La publicité est souvent avilissante; un livre a déjà un contenu qui est ou non déjà mentionné dans ses pages. Comment le détourner? Une publicité pour un best seller? Et si ça peut mettre les gens à lire? Et si ça met du fric dans la poche des maisons d’édition(aussi maléfiques soient-elles), peut être que ça nous (nous petits auteurs) permettrait de continuer à sortir nos bouquins?
    Il faut arrêter d’être hypocrite, il faut manger non? Je dessine, c’est ma passion mais c’est aussi mon métier. Je dessine pour raconter des choses aux gens, j’aime ça. Donc si je fais l’élitiste, que je réserve mes écrits à un petit nombre. Je pourrais si j’étais riche.

    Dans tous les cas, mon sujet était (désolé si je suis nébuleux) : comment dire à ces gens que nous existons afin que nous puissions survire et que nous puissions continuer à faire ce que nous savons faire, la seule chose que nous savons faire de bien.

    Pardon, j’aurais encore des milliers de choses à dire sur le sujet mais je dois retourner travailler.

  7. Maud Amoretti

    bon sang travailler et écrire en même temps ça ne marche pas…

    Je disais donc:
    « Donc si je fais l’élitiste, que je réserve mes écrits à un petit nombre, j’oublie ma paye, je ne vis plus sauf sous un pont. Je pourrais si j’étais riche. »

    Je ne suis pas hypocrite, si Burlesque Girrrl sort c’est bien grâce au jeu vidéo de Ankama. Est ce mal?

    Ensuite.
    La télé donne l’impression d’être un ennemi mais nous sommes dans l’ère de l’image et les tablettes sont apparues. Si on n’entretient pas le réflexe de la lecture, il va disparaître! C’est dès l’enfance que nous nous devons de faire découvrir la lecture!
    Puisque l’école échoue à ce rôle, que proposez vous?
    On est sur une pente glissante. Avez vous vu Idiocratie?

    L’image a bouffé le verbe. J’esquissais l’idée de faire passer ce fameux verbe (que nous apprécions) par une image pour rappeler qu’il existe. Reregardez la vidéo pour Eco. C’est mal?

    Bref, je me tais. Il faut vraiment que je finisse une page aujourd’hui sinon je ne mange pas la semaine prochaine.

  8. Mylène

    Hm, je ne suis pas forcément d’accord avec le raccourci « best-seller = mauvais livre court et sans style ni difficulté ».

    Les primés par le Goncourt se vendent très bien en général, et pourtant, certains ne sont pas forcément faciles d’approche (je pense par exemple aux Bienveillantes de Jonathan Littell). Certes, on touche à une littérature « portée » par les sacro-saints prix littéraires, mais c’est déjà quelque chose de positif. Un livre qui se vend à des centaines de milliers d’exemplaires n’est pas lu que par des esthètes de la littérature, AMHA.

    Pour parler littérature plus « populaire », Millenium est un bel exemple aussi… Une trilogie de livres – certes, des polars, réputés plus faciles d’accès – comportant chacun minimum 600 pages, avec un arrière-plan systématiquement historique, voire géopolitique vaut la peine d’être lue. Et pourtant, c’est un best-seller qu’on trouve en supermarché.

    Pour les autres livres « de supermarché » de moindre qualité, j’ai tendance à penser qu’au moins, ils amènent à la lecture des personnes qui ne liraient pas, si on ne leur mettait pas les livres sous les yeux. Et qui auront peut-être la curiosité, un jour, d’entrer dans une vraie librairie pour ouvrir leur univers…

    Le soucis est plus de voir uniquement ces livres-là en tête de gondole. En BD, on ne trouve en général en supermarché que les séries très anciennes, avec succès garantie (genre Boule et bill, Astérix, etc.). Prise de risque minimum pour les « vendeurs » (on ne peut pas parler de libraires, dans ce types de cas, je pense). Certes, cela permet aux éditeurs de gagner de l’argent et de financer les projets plus risqués & ambitieux, mais en attendant, ces livres-là ne sont pas clairement proposés au grand public.

    Bref, je prêche des convaincus là… Mais je plussois la remarque comme quoi le cruel manque d’émissions intéressantes & vivantes sur la littérature à la TV joue un rôle. Celles du service public sont diffusées dans des plages horaires peu regardées et sont souvent soporifiques. Les plus intéressantes sont diffusées sur des chaînes avec peu d’audimat (je pense à l’émission de la chaine du Sénat, à Roadstrip de Davy Mourier, et éventuellement à celle de Busnel sur France 5)…

    Désolée du pavé ><

  9. Bruno Bellamy

    Oui, François, évidemment qu’il faut préserver le trésor qu’est la lecture, je pense qu’on est tous d’accord ici… 😉
    Et comme toi, je ne regarde plus la TV depuis très, très, très longtemps. Je ne vois donc de spots de pub que quand je vais au cinéma, ce qui n’est pas bien souvent vu que, comme toi, je « vis » de mon métier d’illustrateur et d’auteur BD, ce qui ne me laisse guère de sous pour les loisirs. En tout cas, ça me fait toujours un choc : quelle connerie, la pub ! quel degré zéro tant au niveau du contenu que du contenant, c’est effarant ! Comment peut-on mépriser le genre humain au point de lui nourrir le cerveau avec une junk-food aussi artificielle, aussi malsaine, aussi débilitante ?! En même temps, je ne suis pas étonné : la pub n’est que le symptôme d’une société où le développement est remplacé par la consommation, où la quantité gouverne au détriment total de la qualité.
    S’il est vrai qu’une pub n’est pas en soi avilissante (un bon produit n’est pas transformé en bouse par la pub), en revanche il y a bel et bien un effet mécanique de la prédominance du « tout quantitatif » : si l’on parvient par la pub à convaincre les gens qu’il leur faut toujours PLUS, que l’accumulation, que les forfaits illimités et les deux pour le prix d’un vont les rendre heureux, c’est l’escalade : les gens ont beau faire ce qu’on leur dit, ils ne sont pas plus heureux pour autant, et se disent donc « c’est que je n’en ai pas consommé suffisamment ». Au lieu de changer, on applique le principe du « toujours plus de la même chose ». Donc oui, ça, ça rend con.
    Je persiste donc à croire qu’il faut abolir la pub. La pub tue l’humain, et surtout elle tue la civilisation.
    Je ne crois pas que le livre soit victime de son interdiction de publicité, je crois que comme le livre requiert sensibilité, culture, curiosité et intelligence, il est tout simplement victime du défaut majeur d’une civilisation de la pub et de la quantité : dans un monde où la gouvernance se fait principalement en rendant les gens cons pour qu’ils consomment toujours plus, le livre c’est l’ennemi, c’est le fauteur de trouble, l’outil majeur de subversion.
    Et comme l’instrument de prédilection de cette société de la quantité c’est la pub, il va de soi que faire de la pub pour les livres, qui sont l’antidote à ce monde de crétins, serait paradoxal.

    Une solution paradoxale pourrait être d’interdire TOUTES les pubs à la TV, et de les mettre dans les livres. Ainsi les gens achèteraient d’acheter des conneries en quantité, et liraient des livres pour retrouver le goût de la qualité. Bien sûr, la pub servirait à rémunérer les auteurs. 🙂
    Bon, la question se pose bien sûr de savoir si la présence de pub dans les livres nuirait à leur qualité… eh, on peut pas tout avoir ! 😉

  10. MissPATY

    oui, mais la tele elle a bon dos !! la tele la tele.. c’est pas la faute de la tele! ben non, c’est la faute à la debilté que l’on fait passer. Pour vous rassurer la plupart des gamins maintenant la tele il l’a regarde pas , il regarde des debilité sur internet…et oui la tele du futur!! et avant y avait le livre et le journal debile, et les tablettes d’argiles.
    non serieusement, c’est juste un manque d’education et de curiosité ambiante.
    Le cinema est pas mal dans le genre gros navet infect, je m’arrachent les cheveux rien qu’a voir les blockbusters debiles que tous le monde s’empressent d’aller voir et de filer de la thune pour des conneries de films de superheros en collant et autres … alors que de super film plus modestes passent à la trappe ! d’ailleurs en general dans ma petite ville pourrie je peux même pas les voir.

    Aprés un blockbuster, un livre grand tirage, peut amener des gens à aller vers d’autres productions, à ouvrir leurs esprits et leurs curiosité !! faut pas non plus cracher dessus , parfois c’est un premier pas… je viens d’un milieu ou on lisait pas , et on regardait beaucoup la tele. ça m’a pas empecher d’être assoifé de « culture » !!

    Et la tele je la regarde , et j’ai un cerveau , je selectionne ce que je regarde, et j’ai du second degres !! et y a des pubs bien faite comme de petits films super court! c’est pas le media qui est en cause c’est la capacité à le digerer. Les jeux videos aussi rendent violents , non ?? enfin c’est ce que disent les journaux… mais bon j’ai encore tuer personnes malgré mes consoles de jeux à la maison.

    Enfin la BD s’est bon mangeait en !!

    j’adore le premier gif !! mdr

  11. Bruno Bellamy

    J’dis pas que c’est la faute de la TV… C’est juste que la TV est le principal vecteur de PUB. Et la pub est nuisible. Et que je m’en rends compte du fait que justement, en ne regardant plus la TV, je m’en suis déshabitué, ce qui fait que ça me saute aux yeux quand j’en vois. Quant au fait que certaines pubs seraient « bien faites », façon court-métrage, ça n’enlève rien au fait que le but de la pub est de faire consommer toujours plus. Et puis il faut les regarder un peu plus attentivement, ces « pubs bien faites » : les seules qui semblent avoir quelque vertu créative sont toujours celles qui repompent honteusement les succès du cinéma et… oui, de la BD ! L’art « populaire » est une source de matière première inépuisable pour ceux qui savent faire directement du fric avec l’image, les publicitaires.
    J’ai rien contre la TV, c’est juste que je ne supporte pas la pub, et que la TV en déborde. Et faut pas se leurrer : un média qui est entièrement financé par la pub n’est pas indépendant, et donc même ce qui n’est pas strictement publicitaire dans les programmes TV est souvent du même acabit. J’ai bossé très longtemps dans la presse papier, et c’était quasi pareil : l’importance primordiale des revenus publicitaires était telle qu’on n’était pas du tout libres de dire tout ce qu’on voulait comme on voulait, il fallait ménager les annonceurs, être plus gentil avec ceux qui payaient plus…
    La TV répond généralement à cet impératif qui, à lui seul, résume l’esprit publicitaire : dire aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre, et non ce qu’ils ont besoin de savoir…
    Et oui, c’est vrai, le web, c’est pas mieux, niveau pollution publicitaire, mais au moins il y a des outils de recherche, ce qui fait que quand on est curieux, on peut trouver ce qu’on cherche. Donc je préfère quand même. Et je ne mets pas de pub sur mon site web hormis, comme l’évoque très bien François, toute la promo que je peux faire pour mes publications, puisqu’il ne faut pas en attendre de la part des grosses maisons d’édition…

  12. Nekounette

    Je suis globalement du même avis que vous, cependant, je pense que le problème est au delà du simple sujet de la publicité. Les gens ont certes été influencés par la « déculturisation » de la publicité mais ils ont avant tout développé avec le temps une « feignantise intélectuelle » remarquable.

    Le système éducatif ne fait plus passer la curiosité comme une qualité et n’essaie plus d’ouvrir les futurs consommateurs à la découverte.

    Les gens veulent tout, tout desuite,sans effort, d’où le développement fulgurant de l’achat en ligne. Il est toujours plus confortable d’acheter de chez soi plutôt que de sortir acquérir dans une librairie un livre, nous faisant passer devant d’autres livres potentiellement intéressants. (ps:Je ne dis pas, internet a aussi de très bon aspects, notamment pour les jeunes auteurs qui ont la possibilité de se faire connaître par cet outil formidable)

    Bref revenons à nos moutons. Pour moi les gens ne souhaitent pas ouvrir un livre, premièrement parce que si il n’y a pas d’images c’est ennuyeux pour eux (société de l’image veut que…), mais la raison majeure (de ce que j’ai la possibilité de constater) est que lire prend du temps et demande un effort du lecteur que souvent il n’est pas motivé à entreprendre. Cette paresse se constate tous les jours.

    Je ne blame pas vraiment la TV et le cinéma qui ont réussi à faire se tourner des gens qui ne lisaient jamais vers les livres et la BD: explosion des ventes pour la série (en 13 volumes!!!) de JJ R.Martin pour Le Trône de Fer, l’Elegance du hérisson de Muriel Barbery a connu un franc succès, et les blocs busters américains tels que les films de superhéros ont fait se tourner un public vers les comics.

    « Je ne blame pas le buffet à volonté pour l’obésité des gens. » Je remets juste en question leur attitude. A force de chercher toujours des excuses, on en oublie à la fin de se retourner vers la cause principale. Pourtant je suis profondément humaniste et crois sincèrement qu’avec le développement des tablettes, les gens vont revenir à la lecture. A quand Burlesque Girrrl en version numérique?

    Je suis persuadée François que vous évoluez dans un univers bien particulier qui réussi à toucher un public spécial.

    Un best seller: on le lit, on le range dans un coin/jette , on n’y touche plus jamais. Alors que vos livres… Les lecteurs de vos livres prennent plaisir à les relire: pour l’histoire, pour la beauté des dessins, et je suis sûre que vos oeuvres sont considérées comme articles de collection sur les étagères. Alors même si vous en avez marre des nouilles, consolez vous en vous disant que vos lecteurs ne sont pas « à usage unique » mais suivent de près votre carrière et attirent toujours d’autres lecteurs autour d’eux.

  13. Maud Amoretti

    Nekounette,
    Merci infiniment pour ces mots magnifiques!!!!! Qui me réchauffent le coeur comme j’en avais besoin!!!!!!

    MERCI MERCI MERCI!!!!!

  14. Marianne Ciaudo

    Comme beaucoup ici je n’ai pas la TV – depuis presque 20 ans ! – et je subis la pub quand je vais au cinéma.

    Je suis aussi partisane de la décroissance. Je trouve qu’on consomme trop et mal. La pub attise des désirs qui ne sont pas les nôtres, focalisent nos envies sur des choses superflues et génère sans cesse de nouvelles frustration une fois qu’on a acquis l’objet et qu’on réalise que nos désirs sont toujours inassouvi.

    Je crois qu’il est important de communiquer sur les produits culturel, d’en assurer la promotion et non la publicité. La frontière entre les deux est tenues mais réelle. La promotion implique, à mon avis, une sincérité dans la démarche et même de l’affect. La pub… c’est juste pour le fric. Un bon publicitaire peut faire vendre des voiture, des boites de conserve ou un livre. La promo demande un lien beaucoup plus fort avec l’objet que l’on souhaite faire découvrir.

    Je rejoins aussi l’avis de Nekounette sur l’attrait de la facilité, le pire ennemi de l’humanité, à mon avis.

    Mais je sais que lorsqu’on crée avec honnête, sincérité et respect on touche le coeur et l’âme des gens. Peut-être pas des millions de lecteurs, mais des lecteurs attentifs, qui nous ressemblent, avec qui ont partage quelque chose de précieux et d’ineffable.

    Nekouette a raison ! Tes livres, François, ont une place privilégié sur nos étagères. Ils sont lus et relus avec attention et émotion.

    Certains peuvent faire de la litté / BD / Music / film « fast-food », d’autres en sont incapables. Incapable de faire des concession sur l’autel de la toute puissante société de consommation. Incapable de s’intoxiquer et de céder à la facilité; c’est une richesse incommensurable. Et elle fait partie de toi 🙂

    Et si, moi aussi j’aime bien de temps en temps me divertir avec de la légèreté simple et commerciale, je préfère de loin acheter un livre avec du sens. C’est ce qui reste.

    (Bruno : voilà moi aussi je fais des commentaires-tartines plutôt que de bosser, c’est ta fauuute !)

    J’ajouterai qu’à voir l’intelligence et l’à-propos des réaction sur ton blog, cela donne une image du panel de tes lecteurs. Et on a le lectorat qu’on mérite !

  15. Leramina

    Peut-être que ce serait effectivement nocif pour les petites productions encore que je n’en sois pas persuadée.
    De toutes façons, la situation ne serait pas pire qu’aujourd’hui où les grosses productions sont largement mises en avant dans les librairies et autres lieux d’achat pendant qu’il faut chercher et être bien informés pour trouver certaines petites pépites publiées en sous-marin.
    Et qui sait, nous verrions peut être fleurir des publicités originales et créatives sur les chaines secondaires.
    Oui je rêve encore mais au moins ça ne me coûte rien !