Edition

Lettre d'un éditeur P1000370

 

J’aurais dû écrire un billet avant mais une entrée de travail récente (et mon petit gars qui a décidé de saisir une ampoule allumée… gyooo) m’a immobilisé.

 

Je n’ai toujours pas eu le Petit Chaperon Rouge. Il est encore chez l’imprimeur. Il devrait sortir demain soir. Je dois vous avouer que je suis très inquiet… Et si j’avais fait des bourdes? Laissé passer une coquille affreuse?
Bien, le verdict est demain soir. Un peu plus tard pour vous… mais je vous en parlerai avant que vous ne voyiez.

 

Aujourd’hui, je souhaite vous parler de ma démarche. Pourquoi s’autoproduire? Et pourquoi plein d’autres choses?

 

Commençons par le commencement. C’est un commencement négatif.

 

Je suis resté dans mon coin un bon moment. J’ai essayé de fuir ce que j’étais pendant longtemps. Avant de m’avouer illustrateur, j’ai tenté des études de droit et de criminologie (les stages en morgue avec autopsieS ont eu raison de moi), de préparateur en pharmacie, j’ai été prof de français, de dessin et de couleurs, j’ai même fait le nègre à droite et à gauche. Et puis j’ai eu une illumination: j’ai enfin compris qui j’étais. J’étais illustrateur depuis longtemps, et c’est l’univers lolita que je voulais illustrer.

 

Il y a un peu plus de deux ans, je me décide à monter un super projet lolita. Vous le connaissez plus ou moins, c’est Yumeko. C’est un livre objet qui parle de la mode lolita, de mes vues sur cette culture, cet univers, qui parle un peu du Japon, qui se veut être un Alice aux pays des merveilles revisité. N’étant pas très à l’aise avec les mots, je convie à l’aventure un ami philosophe qui écrit comme un dieu.
J’en monte un premier dossier, mal foutu, plus ou moins parrainé par JD Morvan qui n’atterrit nulle part. Mais c’est mérité.
L’an dernier, je prépare un dossier béton, fait avec des moyens (j’ai dépensé au moins 500 euros) et je l’envoie à 27 maisons d’édition et le fait passer en main propre à 10 autres. Ces maisons d’éditions sont à quantité égale majors/indépendantes.
Je n’ai reçu que 40 pour 100 de réponses environ. Toutes négatives bien sûr. Et deux promesses qui n’ont pas été tenues. Aucune de ces réponses ne donnent de détails. C’est bien compréhensible: l’étude des dossiers prend déjà du temps et faire une réponse argumentée à chaque auteur est bien difficile. Cependant j’ai eu une réponse un peu différente qui m’accusait de pédophilie. Effectivement, il y avait le mot « lolita » dans le titre. Si cet éditeur avait pris le temps de lire le dossier, il aurait vite compris son erreur. Haha!

 

Quelques soient leurs raisons de refus, on ne peut leur en vouloir. Le lolita est encore un sujet underground. Cependant, tous ces gens vont certainement retourner leur veste d’ici un an: Tim Burton sort en 2010 sa version de Alice in Wonderland. Vous le savez, Tim n’est pas qu’un metteur en scène. Ses créations, bonnes ou mauvaises, lancent des modes ou plutôt rendent populaires certaines modes, certains arts. Les goths, l’animation en step motion, l’humour noir, le non-sens, le romantisme, la marginalité, et j’en passe, peuvent lui dire merci. Avec un peu de chance, on aura même du Kokusyoku Sumire dans cette nouvelle Alice (je vous rappelle que Tim et les Sumire sont amis).

 

Cela dit, après avoir travaillé dans quelques milieux éditoriaux, je me suis rendu compte que l’innovation et l’ouverture d’esprit n’étaient pas des qualités requises pour être éditeur. La majorité d’entre eux (je dis majorité parce que certains éditeurs indépendants font des efforts) se conforment au marché et attendent que le concurrent sorte une nouveauté, attend de voir ses résultats de vente et sort un produit « ressemblant ». Qui n’a pas sorti son Harry Potter like?

 

Je ne propose pas quelque chose de si nouveau que ça. Sinon le fait que j’aborde la mode lolita.
J’ai choisi le Petit Chaperon Rouge parce que si ce texte était présenté à un éditeur aujourd’hui, il se ferait envoyer sur les roses. Je parle de la version originale, pas de celle des frères Grimm.

 

J’ai choisi l’autoproduction parce que je n’ai pas vraiment le choix, créer est ma vie. Si je ne crée pas je meurs. Par contre ce n’est pas de l’autoédition puisque je n’ai aucune diffusion sinon l’expo de janvier-février et les Japan Expo de 2009.

 

J’ai choisi de tout faire à la main pour me démarquer des produits (je dis bien produits) proposés dans les commerces. Le texte est écrit à la main, aucune correction informatique ne survient, ce que vous verrait dans mon livre est la reproduction exacte de ce que j’ai dessiné. Les originaux n’ont pas eu non plus de corrections: pas d’utilisation de blanc correcteur (sauf une tache de 4mm sur la 10ème planche, dans la marge).
Pour la couverture j’ai imprimé un détail d’un papier peint du 18ème siècle puis ai retrouvé son réseau afin de le répéter. J’ai photocopié le tout sur rhodoïd transparent. J’ai cherché ensuite un tissu antique pour faire le fond: ce sont les bandes verticales que vous voyez au dernier plan. J’ai collé le papier peint sur le tissu et j’ai scanné le tout. A nouveau, j’ai travaillé à la main pour tout ajuster.
J’ai utilisé l’ordinateur à la toute fin pour monter les pages entre elles, afin de faciliter le travail de l’imprimeur (et alléger la note…).

 

J’ai réalisé ce livre en parallèle de mon travail, sur mes temps libres (mes nuits surtout), en 5 semaines. Je n’ai pas vraiment eu le temps de faire un livre parfait. Par contre, même si je ne fais pas de l’art, je pense que ma démarche est artistique. En tout cas engagée.
Et je pense que je vais continuer l’autoproduction. Je ne dirai pas non à un éditeur mais j’ai suffisamment perdu de temps à en chercher un. (au passage, le projet De l’encre et des plumes stagne depuis un an à cause de cette recherche, le projet Yumeko stagne depuis bientôt deux ans et demie). Avoir un éditeur serait avoir les moyens de faire un beau livre et d’avoir une distribution. Attendons alors. Un jour peut être.

 

Je vous parlerai bientôt des nouveaux projets en cours.

 

Désolé d’avoir autant écrit. Mais ça m’est important. Merci à tous!

 

(en illustration, vous avez un exemplaire type de lettre de refus et une jolie photo de ma coupe au bol)

29 Responses to “Edition”

  1. Maud Amoretti

    Petit détail amusant, cette lettre que vous voyez en illustration , je l’ai reçue 8 mois après avoir envoyé le dossier!
    Pfffuuuu hahahahahahaha!!!!!
    (au moins je l’ai reçue…)

  2. Maud Amoretti

    J’ai eu très envie d’énumérer les noms des maisons d’éditions que j’ai contactées mais ce ne serait que déverser plus de venin. J’imagine que ce billet suffit. Je tacherai de ne plus me plaindre à l’avenir mais il est important que vous sachiez!

  3. Gabrielle

    « Cependant j’ai eu une réponse un peu différente qui m’accusait de pédophilie. »

    mon lycée a décrété que je faisais partie d’une secte, avant de me virer. (ce n’était pas la raison principale, évidemment, mais je pense que ça a joué, surtout parce que j’ai refusé de m’écraser; ils n’ont pas dû apprécier)

    comme quoi, il semblerait que la France est réticente à accepter quelque chose de pourtant bien joli!

    ton courage et ta ténacité sont admirables. je te souhaite vraiment qu’ils soient récompensés, un jour; proche, de préférence.

  4. hatsumi-no-baka

    mh, je ne saurais pas quoi dire.
    Je pense que c’est tout de même bien que tu t’auto publies, même si on ne peux pas avoir la « perfection » d’un livre différent. Qui sait, peut être devrais tu proposer des oeuvres à métamorphoses, non? billy brouillard ce n’est pas du lolita mais j’ai trouvé que ça n’en était pas si loin.
    Bref, quoi qu’il en soit ce que tu fais et l’amour et l’énergie avec lequel tu arrive à tenir, ça me donne encore plus envie de le lire, de l’acheter, je veux montrer au monde combien tu as du talent! Tu dois être reconnu, je suis vraiment de tout coeur avec toi (désolée, j’aimerai faire autre chose en plus…mais je ne voie pas vraiment quoi…)

  5. Clémentine

    C’est ce genre d’histoire qui donne du courage lorsqu’on veut persévérer dans le milieu artistique! Je pense sincèrement qu’on est doublement récompensé lorsqu’on s’est battu pour atteindre ses objectifs. Ceux qui ont tout qui leur tombe tout cru dès le départ ne peuvent pas dire « je sais d’où je viens, et les efforts qu’il a fallu pour être là où j’en suis ».
    En bref je pense que tu mérites de réussir et que la persévérance finira par payer :).

  6. Chewby

    Eh bien, que d’épreuves !
    Ca fait plaisir de voir quelqu’un de tellement engagé ^-^
    Ce Petit Chaperon Rouge n’en sera que plus unique (cette phrase n’est pas très française…)Ca doit être une belle revanche que d’avoir réussi à le produire sans l’aide d’un éditeur, non ?

    En tout cas, j’éspère que vos projets aboutiront, Bonne continuation !!!

    PS : Alice + Tim Burton, ça promet d’être superbe, et d’autant plus si on ajoute les Sumire !

  7. La Mome

    Hé! On dit stOp motion!
    J’ai lu ton article avec attention. Je trouve bien que tu expliques ta technique d’auto-édition, car lu comme ça c’est très encourageant. J’attends la suite de cet article, lorsque le Petit Chaperon sera sorti et que tu pourras en tirer un bilan!
    Quant au buzz sur la culture Lolita… Je me demande. Moi je pense que c’est réellement en train de percer. Le gothic commence à lasser, il faut du sang frais et des choses à écrire dans les journaux. ça va peut-être venir… Je ne pense pas que le mouvement GL tel que nous l’appréhendons explose. Mais je sens venir quelque chose. Regarde les illustrations de Rebecca Dautremer, on ne voit que ça, le public est demandeur de belles illustrations de ce genre. Mais flairer une tendance est difficile, je ne suis pas experte.
    Combien d’exemplaires du livre seront disponibles, lors de l’expo?
    J’aime bien la photo, c’est pris chez toi? Très joli bureau!

  8. Angilram

    Quelqu’un a parlé plus haut de Billy Brouillard…
    Il faut savoir que c’est la collection de Barbara Canepa, et vous n’avez pas idée de combien elle s’est battu pour la sortir, et combien elle se bat encore… Quand les résultats tomberont, alors oui, les autres maisons d’édition suivront.
    Et oui, surtout avec la sortie du prochain Tim Burton. ça va être une petite vague déferlante sur le marché…

    François, tu connais mon sentiment sur ta démarche.
    Je ne peux que la cautionner et l’encourager.
    Le milieu de l’édition, pour y travailler je le sais, n’est pas un milieu propre, ni ouvert.
    Les directeurs artistiques n’ont souvent d’artistique que le nom et sont juste des businessmen requins qui ne s’intéresse qu’aux chiffres de ce qui a été fait.

    Je me prépare à l’autoédition, même si comme toi, je ne crache pas sur les maisons d’édition.
    Je ne veux juste pas en être tributaire pour faire ce qui me plaît.
    Et je ne veux pas formater mon style parce qu’ils ont l’esprit étroit et ne veulent que des copies de déjà fait.

    En revanche, les comités de lecteur, je connais, c’est un gars qui jette un coup d’oeil et qui jette tout cours. ça ne va que très rarement plus loin, quoi qu’ils en disent.

    Je ne veux pas sembler amère, je suis juste un peu trop dans le circuit pour avoir la moindre illusion quant à son fonctionnement. Raison pour laquelle j’admire encore plus les gens comme Barbara Canepa, qui ne lâche jamais l’affaire quand elle croit à ce qu’elle fait.

    Mon commentaire va finir par être plus long que ton post tellement j’en aurais à dire sur le milieu de l’édition!

  9. Anonymous

    ouais ho !
    vous zetessss ou??

    plus de news ,bonnes news???

    bises joyeux noël !!!!

  10. Maud Amoretti

    Chère Gabrielle,
    merci pour tes encouragements!
    La France ne laisse plus trop de place pour ceux qui ne rentre pas dans le moule. C’est vrai, quoi! Pourquoi se soucier d’une minorité? Quel que soit sa valeur ou son message.

    Chère Hatsumi,
    j’ai déjà proposé deux projets à Métamorphose mais sans grand résultat… dommage. C’est pourtant la seule collection qui pourrait convenir à mon style.
    Tu fais déjà énormément tu sais! Tes commentaires ici, tes mots gentils, tes encouragements! C’est déjà incroyable et je t’en remercie!!!

    Chère Clémentine,
    merci pour ces encouragements qui réchauffent le coeur! J’espère aussi que cela portera ses fruits un de ses jours…

    Chère Chewby,
    oui c’est vrai mais le plus dur arrive: montrer et si possible vendre ce Petit Chaperon Rouge. J’espère qu’il touchera les personnes pour lesquelles je l’ai fabriqué.
    Et merci pour ta gentillesse!!!

    Chère Môme Néant,
    oops désolé pour l’erreur! Heureusement que tu es là!
    En toute logique, la tendance devrait changer mais pour moi c’est encore bien flou. Moi non plus je ne pourrais dire quelle sera la prochaine mode. Surtout que j’ai une confiance limitée dans les médias.
    Le livre a été tiré à 1500 exemplaires. Je vais certainement en apporter 500 en janvier et 200 autres pour la dédicace. Même si je doute en vendre autant… Et puis j’amènerai 30 édition limitée début janvier et trente autres pour la dédicace.
    La photo a été prise dans l’atelier de la marque Gabriel Chelsea. La petite main sur mon épaule est celle de Tomo, la designer de la marque. L’atelier est magnifique!! Je t’en avais parlé à Tokyo. Mais c’était leur jour de fermeture et on avait pas pu y aller…

    Chère Angilram,
    Je commence à te connaître et je sais que tu n’es pas amère, juste réaliste.
    J’ai hâte que tu me rejoignes sur la route de l’auto production. Tu auras mon soutient! Tu le sais!
    Moi aussi je suis impatient de voir les livres de Métamorphose et de Venus Dea. Barbara est une sacrée combattante! Pourvu que ça dure!

    Bonjour Anonyme,
    oui oui on est rentré! Plein de niouses! Et toi? Ca va?

  11. L.

    Encore un billet « cri du coeur » fichtrement intéressant, même si de mon côté, il ne m’apprend pas grand chose vu que des lettres comme ça, j’en ai plein aussi.

    La situation artistique actuelle est navrante, à mon sens. Voire inquiétante. Alors que jadis, notre pays a eu un passé culturel de première importance, il se retrouve aujourd’hui bien à la traîne, enlisé dans ses conventions, son passéisme et une soif de profit qui, certes, n’est pas symptomatique de notre seul hexagone, mais lui porte un sacré coup au coeur.

    Aujourd’hui, je n’apprendrai rien à personne, tout s’axe sur la « consommation ». tout doit être facile, rapide à préperer, rapide à consommer, sans mauvaises surprise et, par conséquent, sans bonnes non plus. Il suffit d elire un traité sur l’écriture de scénario filmique pour avoir envie de taper sur les uns avec la tête des autres. On arrive à une situation où peu à peu, on est en train de tuer l’imaginaire et la création. C’est navrant.

    Il y a plein de choses fondamentales entre tes lignes, d’ailleurs. Aujourd’hui, les gens ont plus de temps libre, ils se piquent donc tous plus ou moins de créer leurs trucs dans leurs coins et d’essayer d’atteindre une postérité à plus ou moins grande échelle, ce qui n’est pas condamnable en soi, bien au contraire (encore que cette finalité de reconnaissance ne soit pas ce qu’il y a de plus sain en la matière), mais aboutit à un chaos de surproduction dans lequel il est impossible de se retrouver.

    Les éditeurs, eux, ne se soucient pas de réfléchir à la nature-même de ce qu’ils sont censé éditer, juste au profit qu’ils pourront en retirer.

    Bref, les vraies bonnes choses risquent fort de se faire noyer dans la masse, ou recaler à l’écrémage. Les choses originales, elles, partent perdante dès le départ.

    Une politique créatrice à l’image de la société, donc : toute en esbrouffe et en apparence, en conformisme et en prétention mal placée.

    Je n’écris pas ça parce qu’on ne veut pas de ce que je fais, mais parce que j’aime, justement, ce que je fais, et que je suis profondément blessé de voir que ceux qui s’en réclament, souvent, non pas le tiers du quart du dixième de cet amour-là.

    Une dernière chose sur laquelle je rebondirai, c’est sur ton besoin de créer, dans lequel je ne peux que me reconnaître. Pour ceux qui ne le vivent pas, même s’ils créent, cela sonnera sans doute pompeux, immature et agaçant (sans doute, aussi, que ça l’est), mais oui, il y a certaines personnes pour qui c’est plus qu’une passion, un hobby, un plaisir ou la matérialisation d’une ambition, mais au contraire, quelque chose de vital, d’indispensable, qui s’apparenterait à « respirer ». Quelque chose, donc, qui peut aussi se révéler pénible. Moi, même si j’adore faire ce que je fais, j’envie aussi, souvent, ceux qui ont « le choix », de créer ou de ne pas créer. La création est autant pour moi une condition de vie qu’une prison dorée. C’est fascinant, passionnant, mais usant. Presque une malédiction, même si c’est la plus élégante et louable qui soit…

    Dans ces conditions, la politique d’édition/production actuelle ne peut être que plus douloureuse. Franchement, quand je lis ou entends des auteurs dire qu’ils créent par plaisir… Oui, je suis envieux et en même temps, comme je l’ai dit, j’ai envie de leur taper dessus très fort ! ; )

  12. L.

    Parce que je suis un vilain jaloux, et aussi parce que des fois, moi, j’aimerai bien pouvooir fermer les yeux et laisser temporairement tout ça derrière moi !

  13. Eleonora

    joyeux noël! o_o

    quel parcours professionel! et moi qui ne sais toujours pas quoi faire, alors que je dois donner une reponse pour mon orientation en fevrier….;__; hm, peut être que, après maints rebondissements, je finirais par essayer de gagner ma vie avec mes dessins?

    ami des sumire? ce erait merveilleux qu’elles soient dans le film! j’espère, que le film pourra vous permettre, et à d’autres « marginaux », de publier plus largements leurs créations! j’ai vraiment hate de voir cette alice, et de savoir ce qu’il en decoulera….

    tout à la main! félicitations! c’est vraiment rare dans le commerce! la palette graphique est bien, photoshop est pratique pour colorier, mais rien ne vaut le vrai dessin, sur papier.
    de toute façon, je suis sure que le livre marchera. le monde lolita n’est « pas grand », mais au niveau international, il y aura des demandeurs! refaire un post au moment de la sortie avec des photos du meetup et des dessins sur EGL, pour donner envie aux filles de se le procurer? et pour les prochains, aussi! vive les prochains projets!

  14. Maud Amoretti

    Mais oui cher L,
    encore un cri du coeur…
    Mais je suis heureux (encore une fois) de lire que nous partageons beaucoup d’opinions.

    Chère Eleonora,
    c’est dur de se trouver une place dans ce monde. Certains ont une idée précise depuis l’enfance et d’autres ne trouvent jamais. Je suis content d’y être arrivé il y a peu mais reste à voir si je vais pouvoir en vivre.
    Tu dessines Eleonora? Ma curiosité est piquée! Pourrais tu me montrer quelque chose?
    Moi aussi j’ai hâte de voir ce fameux Alice. Et j’espère que la musique des Sumire y trouvera une petite place!
    Merci pour tes encouragements et tes conseils!!! J’espère que les lolitas aimeront le livre… c’est un de mes buts les plus chers!

  15. nella

    Oh votre post m’a tant émue! je suis sérieuse. Vous savez, mes parents m’ont toujours « ecrasés ». il ne voulaient pas que je fasse une formation artistique et surtout ils m’ont empêché d’écrire, parce que mes histoires étaient trop tordues. Ils n’arrêtaient pas de me dire qu’écrivain NON ce n’est pas un métier.

    Je travaille en ce moment sur un recueil de nouvelles que je peine à finir parce je perds souvent espoir en me demandant si tout cela à un sens. Mais en lisant votre post, ça me donne du courage! Mes parents sont en colère contre moi car j’ai décidé d’abandonner mes études cette année afin de me consavrer à mes projets lolitas, littéraire et théâtre (j’ai été prise dans une troupe, je suis heureuse mais un peu angoissée; serai je à la hauteur?);

    En tout cas j’ai hate de feuilleter vos oeuvres en main propre. Je vous encourage 😉 Et tout comme la môme néant, je pense que le lolita est en plein essor. Un peu comme un papillon… la chenille va surement bientôt sortir de son cocon 😉

  16. Maud Amoretti

    Chère Nella,
    voilà un autre sujet bien délicat… quand je me met dans la peau d’un parent, je comprend. Les métiers liés à l’art sont des métiers incertains. Beaucoup d’appelés et peu d’élus. Moi-même j’ai du mal à survivre. La vie est horriblement chère et parfois je me dis que j’ai fait un choix dangereux (j’ai deux enfants). Mais c’est pour moi plus vraiment une question de choix, puisque je ne l’ai pas. Pour moi, le dessin est peut être un talent mais certainement pas un don. C’est une malédiction! Je n’ai pas d’autre choix que de dessiner. Sans papier et crayons, je meurs.
    C’est une voie dangereuse, oui. Mais une autre voie serait bien plus dangereuse, au long terme en tout cas.
    Je pense que c’est la question à se poser: « si je ne vis pas de mon art, que puis je faire d’autre? Puis je me contenter de pratiquer mon art uniquement durant mes loisirs? ».
    A mes yeux, la décision appartient à chacun. Cela dit, si mon fils suit mon chemin, je serais inquiet pour lui parce que ce n’est pas un chemin facile.
    Réfléchissez Nella. Et prenez votre décision. Ca ne concerne que vous. Vous seule.
    Cependant, j’ai envie de vous dire qu’un diplôme universitaire ne fait jamais de mal. Vous pouvez continuer vos études, ce n’est pas si long, et vous consacrer à l’écriture après. Mais là encore, ce n’est qu’un vague conseil. Vous devez faire ce que vous voulez.
    Quelle que soit votre décision, je vous souhaite bon courage!!!!
    Moi aussi, je pense que le lolita est en bonne voie et qu’il perdurera parce qu’il aura toujours des gens pour rêver, aimer rêver.

  17. heiwa-chan

    Je trouve ton article très intéressant et très instructif sur l’univers de l’édition et son manque voire absence totale de connexion directe avec ce qui devrait être sa raison d’être: l’univers créatif des artistes et des auteurs.

    Comme le dit si bien L tout n’est qu’histoire de marketing et d’opérations commerciales ces temps-ci. Mais je rejoint aussi Nella et Jeanne : il semblerait que le lolita ait le vent en poupe actuellement, donc avec un peu de chance, même si ça paraît un peu cynique, tu pourrais peut-être profiter de l’essor de cette mode pour trouver un éditeur dans le futur. En tout cas je l’espère car ça aide quand même pour la diffusion et la publicité.

    L’accusation de pédophilie de la part d’une des maisons d’édition m’a fait sourire. Malheureusement, beaucoup de gens considèrent souvent le lolita comme une espèce de « fetish » malsain. Comme le lycée de Gabrielle, mes propres parents pensaient que je faisais partie d’une secte pendant un temps… =_=;

    Quoi qu’il en soit je trouve très courageux de ta part d’avoir suivi ton rêve jusqu’au bout même si ça a l’air un peu risqué, si l’on ne prend pas de risques, la vie ne vaut pas toujours le coup d’être vécue après tout. Mais certains préfèrent éviter les risques malgré tout. Tu as un parcours professionnel tortueux mais intéressant et je suis sûre que toutes les professions que tu as exercées t’ont apporté quelque chose.

    En tout cas, bon courage pour l’auto-publication, j’espère que le Petit chaperon rouge remportera du succès même si c’est un succès considéré comme « confidentiel » par certains, ça ne peut que faire évoluer les choses en bien. ^_^

  18. L.

    Toutes ces réflexions m’inspirent un néologisme de circonstances :

    Et si on parlait plutôt d’EdiTUEURS ?

  19. L.

    Comment ça, il faut que je dorme (longtemps) ?

    Moi je veux bien, mais je veux une princesse charmante pour me réveiller ! Promis, ensuite, je ne ferais plus jamais de grasse mat’ !

  20. Maud Amoretti

    Chère Heiwa chan,
    oui, malheureusement, dès qu’on sort de la norme, on fait peur aux concitoyens et on inquiète la famille. Les parents de mes copains au lycée étaient persuadés que je me droguais, que je vendais de la drogue et téléphonais même à mes parents pour leur en parler. 15 ans plus tard, ce n’a pas changé: dès lors qu’on ne porte pas un survêtement, on est suspect. Pffff.
    J’espère que tes parents ont compris que le lolita n’étaient pas une secte. Dire que pour moi, c’est un univers sain…
    Oui, c’est un risque. Mais je crois que depuis que j’ai fait ce choix, je ne peux plus m’arrêter. Si je veux être honnête avec les autres, je dois être tout d’abord honnête avec moi même.
    On verra la suite… c’est que les premiers résultats ne vont pas tarder à tomber.
    merci infiniment pour tes encouragements!

    Cher L,
    Excellent néologisme!
    Une princesse? Et Corto? Il peut pas faire un effort et se maquiller pour l’occasion?

  21. Eleonora

    merci!*rougit* hm, je n’ai pas encore de style propre, et je manque d’entrainement, mais…j’adore dessiner >_< quand je trouverais un scanner..... hm, sans vouloir être obséquieuse, je ne vois pas coment elles pourraient ne pas aimer
    le livre O_O

  22. L.

    Euuuuuuhhhhhhh… Ben si l’idée de voir Corto maquillé me plaît beaucoup, pour le côté grotesque de la chose (il ne sait même pas faire la différence entre « taupe » et « caramel » ! Houuuuu !), et aussi parce que peut-être que ça finirait par le rendre visuellment supportable, l’idée seule qu’il pourrait le faire pour moi suffit à me glacer le sang, l’échine et tout les trucs qu’on trouve entre l’un et l’autre…

    Même si je ne suis pas sectaire, il ne rentre pas dans ma définition de la »princesse ». IL est trop méprisant pour ça !

  23. Maud Amoretti

    Cher L,
    certes j’imagine… les poils et le rouge à lèvres, ce n’est pas vraiment appétissant…
    (je ne sais pas pourquoi mais j’imagine Corto poilu… là il va débarquer à me taper avec de ses mots dont il a le secret… Préparons-nous à mourir donc)

  24. Corto

    Hem. Hé hé hé ! Sont-ils taquins ces ptits malinous. Mourir ? Allons donc ! Je vous souhaite plutôt une bonne année mes chers. Je suis comme ça moi : j’aime l’humour et la taquinerie, et j’ai un second degré à toute épreuve. Aha aha aha ! C’est où et quand déjà cette Japan Expo ? Hm ?

  25. Maud Amoretti

    Cher Corto,
    moi qui pensais me faire tailler un short… ouf! Héhé!
    La japan expo sud c’est à Marseille du 20 au 22 février au parc Chanot! Tu viendrais avec L?

  26. L.

    Je crois qu’il économise son énergie, pour bien recharger ses batteries de rayon de la mort. A moins que tu aies réussi à lui couper la chique, auquel cas félicitations !

    Oui, oui, je suis en train de négocier la venue de Corto à la Japan Expo (il n’a jamais assisté àce genre de chose, lui), il a l’air partant, pour le moment…

    ça peut être anthologique, si ça se fait !

  27. la boite à idées

    Ton billet est excellent est tellement véridique, on s’y retrouve tous je pense;
    je suis tellement ravie pour toi que tu es trouvé TA VOIE après mainte tentative, car je sais ce qu’est la galère de vagabonder chaque jour en se demandant où nous allons et où est notre place.
    Est ce un fait propre aux créateurs.
    Moi aussi j’ai envie de pouvoir, rêver, de pouvoir m’amuser, de pouvoir créer alors pourquoi chaque jour ai je autant l’impression d’étouffer ?!