dans la Voix du nord

Un article a été écrit par Sophie Leroy, journaliste à La voix du nord, journal de Lille. Cette dernière est venue m’interroger sur les lolitas mais aussi ma chère amie Nini! Vous pouvez tout lire ici ou directement sur le site du journal.

 

L’article est bon et je suis ravi de ce contact avec Sophie! Enfin, nous avançons! Go go!

« TENDANCE On les croise habillées en robes à froufrous et dentelles ou en style victorien.
DÉFINITION Ce sont les lolitas. Loin d’être des enfants-femmes, elles revendiquent au contraire leur féminité.
On l’appelle le lolita, le lolitisme ou encore le lolitaisme. On dira ainsi d’un vêtement qu’il est « loliable ». Ce mouvement – encore jeune en France – est né au Japon. Il est porté par des femmes, tenue victorienne ou froufous et jupons de rigueur.
Un épiphénomène ? Si ces lolitas-là ne courent pas encore les rues, elles sont de plus en plus nombreuses, le week-end, à revêtir leurs robes de « princesse » disent les unes, de « poupée » disent les autres. De « femme », revendiquent-elles toutes.

 

À la dernière Japan Expo, qui se tient à Paris, la mode lolita a ainsi occupé presque trois étages sur les sept que compte l’événement. Elles ont leurs marques de vêtement et leurs boutiques (comme Boddywood), à Paris. Aussi un fanzine, plusieurs associations. Et même leur courant littéraire et musical avec, notamment, le duo Kokusyoko Sumire qui a assuré la première partie de Bénabar et était présente au dernier Printemps de Bourges. Effet mode, la haute-couture s’en est inspirée dans ses dernières collections. Comme la chanteuse Émilie Simon, sur la pochette de son album Vegetal.
Un mouvement à ne surtout pas confondre avec le cosplay qui consiste à se déguiser en personnages de mangas, les BD japonaises.
Cette femme-là est autre et les lolitas pures et dures profitent du phénomène de mode pour tenter de faire entendre plus largement leur message. Derrière la robe, cherchez la femme. Elle a des choses à dire. « 

 

Voici mon interview:

QUESTIONS À François Amoretti

 

Quelle est votre définition de la lolita ?
« L’idée de “faire plaisir à la princesse qui sommeille en soi” a un côté mignon mais c’est plus que ça. Il y a une recherche esthétique, certes, mais dès son origine, dans les années 70 au Japon, le” lolita” est un mouvement contestataire, né autour de femmes qui veulent s’exprimer en restant femmes et qui peuvent, pour cela, devenir extrêmes dans leur mode vestimentaire. En cela, il se rapproche du mouvement punk.La lolita – qui n’a rien à voir avec la lolita de Nabokov – pense qu’elle peut être d’autant plus forte face à la misogynie des hommes qu’elle est femme et qu’elle ne se déguise pas en homme. »

 

La lolita est féministe ?
« Je ne dirais pas féministe mais féminine. Pour la lolita, il est facile d’être sexy mais il est difficile d’être belle. Certaines sont très engagées et s’habillent en lolita tous les jours, exagèrent les traits de langage, leurs manières. C’est aussi une manière d’être. La lolita est plutôt contre l’esprit rap, le survêtement et les gros mots, le langage SMS aussi. La lolita communique plutôt par lettre, même si c’est sur Internet. »

 

N’est-ce pas un peu désuet ?
« Sans doute. Beaucoup se moquent d’ailleurs. Moins de la “classic lolita”, plus noble avec son corset, que de la “sweet lolita”, avec ses froufrous et dentelles. Mais les lolitas les plus engagées le deviennent rarement par hasard. Certaines, pas toutes, ont vécu des choses difficiles et c’est un moyen pour elles de se retrouver. Elles portent souvent des blessures cachées. Ce sont tout sauf des filles simples. Mais elles trouvent plus intelligent d’utiliser l’élégance et la politesse pour revendiquer que la violence. Elles aiment l’idée d’une rébellion en douceur. »

 

Quelle est la place de l’homme dans ce mouvement ?
« C’est un mouvement féminin, il n’y a donc pas de pendant masculin… même si des hommes s’en rapprochent. Certains s’habillent en pirate, en dandy. Personnellement, j’ai passé l’âge. J’adopte donc plutôt le gilet, la cravate, la chemise repassée, les chaussures vernies, un style un peu anglais. On est plus dans le savoir-être. Même si je l’exprime aussi dans mes dessins comme d’autres le font en peinture. Le film Kamikaze Girl, sur une lolita, est tiré d’un livre écrit par un homme. »

 

Vous parliez d’âge ? Y a-t-il un âge pour être une lolita ?
« Les lolitas sont souvent des adolescentes qui adoptent un style vestimentaire le week-end et l’abandonnent quand elles ont 20 ans. Mais j’ai conquis un public de femmes de 60 à 80 ans dans un groupe de lecture à Aix-en-Provence ! Elles ont acheté le livre Gothic Lolita pour elles, pas pour leurs petites-filles et elles m’ont toutes dit qu’elles seraient des lolitas si elles avaient 20 ans aujourd’hui. Mais finalement, peut-être le sont-elles ? Autrement. »

 

Puis l’interview de Nini:

Fanny Marant a 27 ans et vit en froufous du matin au soir. Au travail comme pour faire ses courses. Secrétaire médicale, cette jeune femme s’est longtemps cherchée et s’est trouvée en lolita. Sa définition de la féminité.
Ce jour-là, c’était robe rouge avec motifs fraises. Le serre-tête assorti. Un gilet – parce qu’il fait quand même un peu froid – attaché par un seul bouton : pour cacher le moins possible sa tenue. La frange est droite, impeccable. Le maquillage discret. Voici Fanny Marant, 27 ans. « Et je sais l’âge que j’ai », sourit la jeune femme. « Car si un peu d’enfantin se mélange à cela, je ne me considère pas comme une princesse. Être lolita, c’est être femme, féminine et coquette avant tout », explique celle qui s’est longtemps cachée dans les pulls de son père.
Son époque rock… « Un peu plus destroy. » « Et puis, vers 22 ans, je me suis demandée pourquoi je ne me mettais pas en valeur. J’ai commencé à porter des vêtements plus féminins mais déjà originaux. » Une copine lui fait découvrir alors Bodywood, à Paris, le magasin des lolitas. Sa première robe est une Milk, « assez chic toute noire mais, déjà, avec un noeud sur le coeur ». Une robe de transition, plus classique, avant le grand saut. Aujourd’hui, Fanny compte une vingtaine de robes, plus « sweet », avec beaucoup de couleurs : du bleu, du rose, du rouge. « Je change selon l’humeur. Ces vêtements reflètent une grande part de moi-même et j’aime mettre de la couleur, du positif. » Le pantalon, c’est seulement quand elle est « malade ou fatiguée ».
« Et puis j’aime m’apprêter. Je prends une heure chaque matin… Ce n’est pas excessif pour une fille, non ? », mesure Fanny, qui soigne son chez-elle comme sa tenue.

 

Dans l’esprit rococo Collectionneuse de poupées, grande lectrice de mangas… « Mais ce n’est pas forcément lolita tout ça. Les chandeliers, oui, c’est rococo.
Dans l’esprit Marie-Antoinette, une icône pour les lolitas. » Hors du temps ? Fanny vit pourtant bien dans le sien. « Comme tout le monde je travaille, je n’ai pas 15 ans. Je suis responsable.
» Ancienne ouvreuse, en uniforme, à l’UGC, elle a aussi travaillé en librairie et dans un salon de toilettage pour chien. « Ma patronne adorait mes tenues mais ce n’était pas génial pour travailler. » Aujourd’hui, secrétaire médicale, elle concilie parfaitement ce qu’elle est et son travail. « Les patients aiment bien ! Car c’est aussi une façon d’être. Une lolita se doit d’être aimable, polie, souriante…. Je le suis, je pense. Je dois faire attention aux gros mots… même si c’est parfois difficile. Surtout, je suis mieux dans mes pompes ainsi. On n’a pas besoin de hurler les choses de manière destroy pour se faire entendre. Être poli, ça sert aussi. » Fanny, une lolita… avec ses tatouages et l’esprit rock toujours en elle. Qui voudrait que l’on garde l’esprit ouvert. Pas princesse… mais qui croit au prince charmant. « Au moins dans sa façon d’être. »

 

Et pour finir, quelques pensées amusantes:

 

Si la lolita était…

  • Une boisson. Selon l’illustrateur François Amoretti : « Un thé. pour les classic lolitas, un Darjeelling ou un Earl Grey avec un nuage de lait, peu sucré. Pour les sweet lolitas, un thé aromatisé à la fraise, très sucré. »
  • Un plat. « Un macaron… Ou un cup cake, une pâtisserie servie dans une coupelle, c’est devenu un motif sur les robes. »
  • Un livre. « Un conte. Alice au pays des Merveilles, mon livre de chevet. mais toutes ne s’y retrouvent pas… Ou Au Bonheur des dames de Zola, pour tout l’apparat. »
  • Une fleur. « La rose, le lys ou la violette. »
  • Un lieu. « Versailles, Vaux-le-Viconte ou Chantilly… Disneyland ou la pâtisserie Ladurée, à Paris, où les lolitas se retrouvent. »
  • Un animal. « Un chat, un poney, un ours en peluche. »
  • Un bijou. « Un camée ou un sautoir. Des bijoux en platique en forme de coeur ou de macarons. »
  • Un péché. « Les pâtisseries ! »

11 Responses to “dans la Voix du nord”

  1. Rosalys

    Vraiment j’adore te lire car tu sais si bien décrire ce en quoi on peut se reconnaître, et en mettant l’accent sur ce qui a de l’importance. J’adhère complètement au fait qu’il est plus « intelligent d’utiliser l’élégance et la politesse pour revendiquer que la violence »

  2. Shéris

    Voilà un article très bien écrit: Objectif et sans cliché.
    Qui nous montre en tant que femme plus qu’en petite fille (c’est pas possible d’avoir toujours cette étiquette dès qu’on se dit lolita !).

    Ça fait vraiment plaisir !
    Go go Lolita-chan !

    Et sinon : pour moi c’est earl grey avec 2 sucres s’il vous plaît (^_^)

  3. nini

    *nini mode Arrrrrchmed le terroriste*

    Tout à fait d’accord avec toi Fanfan! Sophie nous a compris et ça c’est wonderful! Viens Fanfan, allons dominer le monde avec nos froufrous!! MOUHAHAHAHA!

    Ps : un biyu tout doux
    PPs : Tu veux un journal? J’en ai pris un pouw Zeannou et un pouw toi au cas où tu ne le recevrais pas! <3

  4. Megumi

    Vous étiez dans le Nord ?
    Si c’est le cas je n’ai jamais été aussi proche de vous.
    J’ai beaucoup apprécié cet article. Je pense que les Lolitas du Nord vous sont reconnaissantes.
    En tout cas je vous remercie d’avoir aussi bien répondu aux questions. Et puis vous avez une manière de vous exprimer qui est fort plaisante.

  5. Eli~Miwa

    Rien à dire, j’y retrouve beaucoup de choses que je pense. Quand vous parlez de porter une blessure, je suis vraiment d’accord… Compliqué tout ça =)
    Le lolita serait un peu une manière de se protéger, ou de guérir d’une blessure…C ‘est ce que je crois.
    Mais assez raconté mon avis xD Juste un petit coucou pour dire que je vous lis toujours et que j’attends Alice au pays des Merveilles avec impatience *-*.

  6. rosedechocolat

    Ohh quel jolie interview! Je le trouve parfait, sans détour, simple et joliement exprimé!
    J’aime la façon dont vous expliquer les chose avec sincèrité et « réalisme »!
    Je suis tout a fait d’accord avec vôtre vision des choses et je vous félicite (tout les deux d’ailleurs) pour ce jolie interview!!! .^^
    J’espère que vous allez bien également et que vous n’êtes pas trop surmené…! .^^

  7. Walou

    Ma mère m’avait gardé le journal exprès pour cet article =)
    J’ai beaucoup apprécié , c’était loin des clichés de M6  » Ma fille régresse en s’habillant en petite fille , aidez-moi ! »

    Bref , encore bravo =)

  8. Makdaddy

    J’aime votre avis et votre explication du lolita ^^
    je n’ai toujours pas pu achete gothic lolita (honte sur moi) vu que je ne connais votre travail qu’a travers le net, il faut absolument que je me le procure

  9. Anonymous

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